Le Bonbon

Madame de est dans Le Bonbon rive gauche !

Madame de nous conte l’histoire d’une paire de boucles d’oreilles qui va voguer du mari à l’amant pour revenir dans les mains du premier. C’est ainsi que vivent les objets, ils voyagent, sont aimés, délaissés mais ont toujours quelque chose à raconter. C’est dans le respect de leur passé et surtout pour leur donner un futur qu’est né le dépôt-vente d’Armelle.

Au cœur de la rue Daguerre, entourée d’artistes et de bouquinistes, la boutique est un petit havre de paix pour les amoureuses d’art et de mode. Il ne s’agit pas ici de fouiner dans des tas de vêtements malodorants, mais plutôt d’admirer le choix judicieux de quelques pièces Isabelle Marant, Sandro, Comptoir des Cotonniers et même Zara à des prix cassés. Tout ici est de qualité et soigneusement exposé par la main experte d’Armelle. « Je trouve le terme friperie assez péjoratif, il est plutôt question d’objets qui ont été aimés et qui vont être adoptés » confie la chaleureuse maîtresse des lieux.

Maman de trois filles, Armelle est baignée dans l’univers de la mode, les tendances elle connait, tout comme les difficultés de porte monnaie. « Je suis une idéaliste, une sorte de militante… Au prix d’une seule pièce, mes clientes peuvent s’offrir une tenue complète et les accessoires qui vont avec ». D’abord formée chez Chercheminippes et forte de sa dizaine d’années dans le métier, Armelle s’impose en véritable experte. Elle affectionne les années 40 à 70, trouve de la beauté dans ce qui est désuet, sans être une fétichiste du passé. « Je fais des choix particuliers. Je n’accepte pas tout ce que l’on me propose, mais je garde toujours un profond respect pour les clientes et leurs affaires. »

Armelle est une ancienne élève de Penninghen et une artiste formée par la méthode Arno Stern. Ses vitrines sont des tableaux qu’elle compose chaque semaine avec passion. Elle y apporte autant d’intérêt que ses peintures et gravures. C’est une invitation dans un boudoir coloré, inondé par des notes de jazz et les voix suaves d’Emily Jane White ou encore Alela Diane. « Ma boutique est un monde dans lequel j’aime vivre. L’ouvrir a été mon petit luxe, mon paquet de cigarettes, pouvoir faire ce que j’aime » conclue Armelle l’œil pétillant.

Aude Yvanes

le bonbon
Article en ligne (décembre 2012, page 13)

 

Les commentaires sont fermés.